L'importance du diagnostic

 

Il est très important qu'une précocité intellectuelle soit diagnostiquée assez tôt (mais pas trop quand même car un test avant 6 ans ne donne pas toujours un résultat probant, l'enfant étant trop immature pour s'impliquer vraiment) pour préserver les chances d'épanouissement et de réussite scolaire de l'enfant. Voici les signes qui peuvent faire soupçonner une précocité intellectuelle :

 

Il y a bien sûr des choses évidentes, comme une réussite scolaire exceptionnelle, une avance scolaire très nette dès la maternelle, une grande curiosité et une capacité de compréhension remarquable. Mais la plupart ne se dévoilent pas aussi facilement. Certains comportements sont fréquemment observés chez les enfants précoces. Ils peuvent, lorsqu’on les connaît, faire soupçonner une précocité intellectuelle :

 

* L’enfant est souvent dans ses pensées, mais peut répondre correctement à une question. On pense qu’il n’écoute pas, mais finalement, il écoute, tout en paraissant inattentif. Il est agité, voire presque hyperactif, mais peut se concentrer et se tenir tranquille quand il fait quelque chose qui l’intéresse. Il peut faire plusieurs choses en même temps.

* Il a une grande mémoire, beaucoup de vocabulaire et de culture générale. Son vocabulaire et son langage en général sont en décalage avec son âge.

* Il est très sensible. Il est facilement touché par une remarque. Tout est grave pour lui, tout prend des proportions exagérées. Il est très sensible à l’injustice et dans ce cas, peut devenir insolent ou agressif.

* Il est anxieux, voire angoissé.

* Il n’arrive pas à avoir des relations harmonieuses avec ses camarades de classe : soit il est solitaire, soit il fait des histoires pour rien. Il est attiré par les enfants plus âgés.

* Son écriture est négligée et il n’aime pas écrire.

* Il n’a pas de goût pour l’effort et les exercices répétitifs.

* Il lit énormément. En classe, on le surprend à lire en cachette au lieu de travailler.

*  A la maison, il pose beaucoup de questions, il s’intéresse à des sujets qui ne sont pas de son âge, parle tout le temps. D’ailleurs il a parlé très tôt.

* Il râle, conteste, négocie, argumente. Il juge les autres, les adultes, les idées. Il est très critique, y compris avec lui-même. Il semble n’être jamais satisfait.

* Ses résultats scolaires sont en dents de scie. Il a des résultats parfois excellents, mais pas toujours. D’autres fois, c’est très décevant.

 

Il est primordial de détecter la précocité intellectuelle d’un élève qui travaille mal ou qui ne va pas bien. Lorsqu’un enfant ne sait pas qu’il est précoce, rien ne peut l’empêcher de se persuader qu’il n’est pas capable de réussir à l’école. Personne ne peut lui expliquer pourquoi il se sent différent et l’aider à aller mieux. Il a alors deux solutions : soit il pense que ce sont les autres qui sont en cause, qui ne le comprennent pas et ne le traitent pas bien. Il sera tenté de réagir en devenant agressif, perturbateur. Soit il pense que le problème vient de lui, que c’est lui qui n’est pas normal, qui ne vaut rien. Alors il retournera son agressivité contre lui-même, dans des comportements auto-destructeurs : troubles de l’alimentation (anorexie et boulimie), dépression et, à l’adolescence, alcoolisme, drogue et suicide.

 

Une grille d'identification est disponible sur le site douance.org. Elle a été mise au point par Jean-Charles TERRASSIER qui est une référence en matière de précocité. Ce questionnaire ne remplace bien évidemment pas un examen psychologique auprès d'un psychologue :

www.douance.org/caracteristiques/ident.htm

 

Quelques caractéristiques fréquentes, d'après l'ANPEIP :

http://nouvsite.anpeip.org/index.php?option=com_flexicontent&view=items&cid=362&id=99%3Apoints-communs-et-frequents-differenciant-lenfant-intellectuellement-precoce-des-autres-enfants-

 

Quelles conséquences à la méconnaissance de la précocité ?

 

De nombreux enfants, adolescents et adultes méconnaissent leur précocité. Il n'y aura pas d'incidence pour celui qui a toujours été en réussite à l'école, rassuré et encouragé par une famille sans souci, par une vie sans accident. Cela peut par contre être très dommageable pour celui qui aura eu une enfance compliquée, qui aura vécu des traumatismes, des pertes, des séparations, qui n'aura pas eu d'expérience de réussite durant son enfance. La précocité intellectuelle peut expliquer bon nombre de désordres alimentaires tels que l'anorexie mentale des enfants et des adolescents. Elle peut expliquer sinon aggraver bon nombre de pathologies de l'adulte : angoisses, troubles obsessionnels compulsifs, incapacités à se sentir capables de réussir quelque chose, voire même d'autres troubles récupérés et diagnostiqués par les psychiatres : troubles bipolaires, schizophrénie, dépression...

 

Voir le chapitre sur les troubles associés, sur le site douance.be : www.douance.be/douance-troubles-accueil.htm

 

Sans oublier l'inhibition intellectuelle, extrême solution pour ne plus penser : Voir la conférence du Docteur GAUVRIT à ce sujet :

pedagogie.ac-toulouse.fr/garsep/gauvrit.htm

 

Un enfant doit-il savoir qu'il est précoce ?

 

L’enfant a le droit et besoin de savoir, à condition de bien lui expliquer ce qu’il en est et d’adapter le discours en fonction de son âge.

 

Avant 6 ans, il vaut mieux s’en tenir à lui dire qu’il est différent parce que son cerveau marche plus vite et souvent très bien, que c’est pour ça qu’il apprend vite et aussi qu’il ne sait pas persévérer devant la difficulté, parce qu’il n’y est pas habitué. Lui parler surtout de sa sensibilité qui lui rend la vie plus compliquée.

 

Après 6 ans, on peut lui dire franchement qu’il est un enfant précoce ou surdoué, que ces deux mots sont synonymes, et lui expliquer en quoi consiste la précocité. Il est bon de répondre à toutes ses questions. Le fait de savoir qu’il est très intelligent permet à cet enfant très peu sûr de ses capacités de reprendre un peu confiance en lui. Encore faut-il le mettre en garde sur le risque d’en parler, de frimer surtout. Reprendre confiance en soi ne veut pas dire s’afficher ni écraser les autres.

 

Insister sur le fait que précoce ou pas, il aura besoin, comme tout enfant, d’apprendre à faire des efforts. Que les facilités ne suffiront pas toujours et que celui qui ne fiche rien n’arrive à rien.

 

Que faut-il dire à l'enfant précoce ?

 

Lorsque le diagnostic est posé et que l'enfant commence à découvrir ce qu'est la précocité intellectuelle, il doit surtout entendre :

 

"Tu te sens parfois bizarre mais tu n'es pas fou, ni anormal, ni nul. Tu es seulement différent parce que ton cerveau fonctionne un peu trop vite et un peu différemment".

"Tu es différent mais tu n'es pas moins bien que les autres".

"La précocité peut te compliquer la vie mais peut aussi t'ouvrir des portes, te donner le choix pour faire des études ou un métier qui ne sont pas possibles pour tout le monde".

"Il y a des côtés positifs et des côtés négatifs. A toi de chercher à voir les côtés positifs, pour faire de cette précocité une chance plutôt qu'un handicap".

 

Faire tester ses frères et sœurs ?

 

Il est très fréquent que les frères et sœurs d'un enfant précoce le soient eux aussi. A ne pas savoir qu'ils sont, comme leur frère ou leur sœur, porteurs de cette différence, ils risquent d'étouffer leurs capacités et cacher leurs difficultés émotionnelles et relationnelles pour ne pas donner davantage de souci à leurs parents déjà dépassés par la vie au quotidien avec un enfant précoce.

 

Se faire tester à l'âge adulte ?

 

De nombreux adultes qui souffrent de troubles psychologiques ou psychiatriques sont surdoués et ne le savent pas. Je suis persuadée que s'ils avaient connu leur précocité dès l'enfance, si elle leur avait été expliquée, ils se seraient développés de manière plus adaptée et auraient moins souffert. Les témoignages de certains adultes surdoués sont éloquents : jusqu'au test qui, enfin, leur a révélé leur précocité intellectuelle, ils ont eu un vécu affectif, psychologique et émotionnel douloureux. Certains ont dû passer par une hospitalisation en psychiatrie pour avoir l'occasion d'être testés et diagnostiqués à 40 ou 50 ans. Pour la grande majorité d'entre eux, ce diagnostic a été comme un énorme soulagement, un choc, une renaissance. Savoir que la précocité peut expliquer l'essentiel de leur fragilité psychologique, leur hyperémotivité, leur sentiment d'anormalité et d'inadaptation les rassure et leur ouvre de nouvelles perspectives.

 

Ces adultes ont souvent rencontré moult médecins et psychologues, psychiatres...qui n'ont pas pu les aider vraiment. Si, un jour, ils ont enfin la chance de trouver une personne qui soupçonne de la précocité chez eux, ils risquent de passer à côté de cette chance car il est difficile pour eux d'accepter l'idée d'être si intelligents alors qu'ils se pensent plutôt médiocres et pas assez performants.

 

Comment pourraient-ils d'ailleurs croire une personne qui n'a pas fait d'études de psychologie (un parent, un ami, un collègue...) alors qu'aucun des psychologues et psychiatres rencontrés n'a évoqué la précocité ? Comment pourraient-ils penser qu'une personne sans formation sur le sujet puisse être plus perspicace qu'un spécialiste ?

 

Leur doute serait tout à fait légitime et pourtant... Une maman qui s'inquiète depuis toujours et qui connaît bien le profil émotionnel et le passé de son enfant, même devenu adulte, peut tout à fait repérer chez lui des signes de précocité intellectuelle, suite à des lectures, une émission...

 

Mais alors, pourquoi cette maman aurait-elle raison alors que les psychologues ou psychiatres n'ont rien vu ? Parce que la précocité intellectuelle est encore mal connue et que beaucoup de gens, y compris les psychologues, n'y pensent pas devant un profil pourtant évocateur (évocateur pour ceux qui savent le reconnaître). Et parce qu'un psychiatre est avant tout un médecin, formé à rechercher des diagnostics psychiatriques ou psychopathologiques (schizophrénie, trouble bipolaire, dépression...) et à répondre par une médication. Il est peu enclin à se poser des questions sur le fonctionnement cognitif et intellectuel de ses patients et voit sans doute peu de rapport entre ce fonctionnement et les souffrances psychologiques. Car ce n'est pas sa base théorique.

 

Quant aux psychologues, chacun a sa spécialité et ses références. Ceux qui n'ont pas une approche cognitive ou neuropsychologique, mais davantage psychanalytique, seront eux aussi peu susceptibles de soupçonner de la précocité intellectuelle chez un patient dépressif, excessivement anxieux, anorexique...alors que la précocité peut se cacher derrière ces troubles. Ce n'est pas leur champ d'application et de compréhension de la personne. Ils ne pensent pas à la précocité. Ils cherchent ailleurs.

 

Si une personne de votre entourage vous dit qu'elle pense que vous avez des chances d'être surdoué, ou à haut potentiel, ou un ancien enfant précoce, prenez le temps de vous renseigner sur la précocité car cette personne a peut-être raison, même si des psychologues n'y ont pas pensé auparavant.

 

Une majorité d'adultes qui ont appris leur précocité tardivement, avaient été suivis par des psychologues étant enfants, adolescents ou adultes et jamais n'ont entendu parler d'une éventuelle précocité chez eux.

 

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